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Sains et saufs

Le premier coup de vent de l’hiver aura été fatal au grand monocoque jaune de Bernard Stamm.

Cheminées Poujoulat a en effet sombré après avoir dématé et après avoir été littéralement coupé en deux alors qu’il se trouvait dans l’ouest des Scilly.

Cheminées Poujoulat au départ du dernier vendée

Cheminées Poujoulat photographié par votre serviteur au départ du dernier vendée

Bernard Stamm et Damien Guillou qui le convoyaient après leur participation à la route du café ont été secouru par le porte containers norvégien star isfjord. Ils ont retrouvé la terre aujourd’hui à Rotterdam et vont pouvoir regagner leurs pénates et lire un bon bouquin au coin de… la cheminée.

Une fortune de mer de plus pour Bernard

Une fortune de mer de plus pour Bernard

Avant de parvenir à monter à bord du bateau norvégien lors d’une accalmie, les deux navigateurs ont fait plusieurs tentatives d’extraction sans succès. Epique !

Premier essai : l’hélitreuillage à partir d’un canot de sauvetage

Un hélicoptère de sauvetage britannique s’approche des deux naufragés.

“Il nous a demandé de mettre à l’eau un BIB [radeau de survie] afin qu’un plongeur puisse nous récupérer. C’est ce que nous avons fait mais Damien et moi n’avons jamais réussi à nous éloigner du bateau. C’était super dangereux car ça nous faisait taper vers l’étrave cassée.”

C’est un flop. Les navigateurs doivent remonter à bord de Cheminées Poujoulat. Plus légers que jamais, puisqu’ils ont été obligés de laisser partir avec leur radeau de survie avec “la quasi-totalité de notre eau, le bidon de survie, le téléphone, les fusées…”, raconte Bernard.

Deuxième essai : l’hélitreuillage depuis l’eau

Les sauveteurs britanniques proposent alors aux deux skippers de venir les récupérer directement dans l’eau, à la nage. “Malheureusement, cela n’a pas marché non plus. Pire même, puisque j’ai eu énormément de mal à remonter sur le bateau ensuite”, relate le navigateur suisse.

Bloqués sur leur navire “coupé deux”, et de surcroît en train de couler, les deux hommes commencent à perdre espoir.

Ça a véritablement été un gros choc. Après ça, comme nous n’avions plus accès à la soute à voiles où était stocké notre deuxième BIB”.

Troisième essai : le largage de BIB

Un Falcon 50 basé à Hyères est arrivé vers 23h30 et a d’abord coordonné le sauvetage, avant d’être relayé par un avion de patrouille maritime, arrivé sur zone “aux alentours de 6 heures du matin”.

Celui-ci tente une nouvelle manœuvre. Elle consiste, cette fois, à larguer un BIB aux naufragés. Ou plutôt, cinq BIB  ! Las, “tous sont tombés trop loin de nous”, raconte Bernard.

Quatrième (et dernier) essai : le remorquage par filin

L’espérance renaît lorsqu’arrive le cargo norvégien. Mais les deux hommes ne sont pas pour autant tirés d’affaire. Le Star Isfjord se place à côté de l’épave qui continue de s’enfoncer. “Un filin nous a été lancé mais l’opération a manqué de nous faire écraser contre le cargo”. Il faut recommencer.

La carcasse de Cheminée Poujoulat se situe maintenant “le long de la moitié arrière du cargo”, les deux marins étant eux-mêmes “debout sur le balcon arrière” de l’épave. Nouveau filin, qui cette fois touche juste. La dernière tentative est la bonne. Mais pas de tout confort.

Le cargo nous a ensuite descendu une corde mais nous nous sommes faits arracher et cogner violemment sur la casquette. Damien s’est fait stopper net mais moi j’ai fait 80 mètres dans l’eau, parfois en buvant la tasse, jusqu’à ce que je parvienne à récupérer le filet. Damien nageait à côté du cargo mais grâce à une bouée couronne dans laquelle il avait pu se mettre, il a pu attraper le filet à son tour et se tirer d’affaire.”

Les deux hommes sont finalement montés à bord du navire norvégien vers 7h30.

Le Cheminées Poujoulat, un monocoque de 60 pieds mis à l’eau en mai 2011, a coulé.

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