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Marité est à l’eau et l’eau est aux couleurs de Marité !

chateau eau marite

Oh c’est haut et souvent pas très jojo, un château d’eau ! Ils ont des mines de béton armé, des silhouettes de point d’interrogation à l’envers, nervurés de joints grossiers, maquillés de gris muraille. Jusqu’à ce que de doux dingues leur illuminent la façade. Et besognent pour que la tour ait de beaux atours.

Joël Santoni, artiste de l’Orne, avait détristé celui de Bréthel, dans le pays d’Ouche. Il y avait dessiné des nuages, des anges, des démons, un combat, une fresque pure et fraîche. Il l’appelait sa « source dans le ciel ». Et y avait étalé beaucoup de peinture : « Un château c’est 400 m2. L’équivalent du plafond de la Chapelle Sixtine. » Quand même.

Des kistchs, des foldingues, des maigres et des dodus

Le château d’eau à la française a poussé massivement dans les années 1950-1970. Il est l’enfant du chemin de fer, qui irrigue le pays et a besoin de forts volumes d’eau pour les locomotives à vapeur du XIXe siècle, mais surtout le compagnon de route des Trente glorieuses, de l’optimisme, du décollage. Et aussi du débridé un peu sauvage. Il est l’incarnation du béton qui triomphe et s’autorise des audaces de formes assez ahurissantes.

On en connaît des kistchs, des foldingues, des maigres et des dodus, des blancs comme des cierges de Pâques, des audacieux raides comme des beffrois laïcs, des glaciaux comme des miradors de l’architecture soviétique post-brejnevienne.

Sont-ils beaux ? Voilà une question qu’elle est bonne. Ils sont cousins germains des éoliennes d’aujourd’hui. Ils mangent l’horizon, culminent, sont discutables esthétiquement mais indiscutablement utiles. Or, l’utile est beau car il apporte du bien.

Trône comme un roi

On en connaît qui les collectionnent, les archivent en photos. Il y a quelque part un château d’eau qui finira par vous taper dans l’œil, par vous faire lever le pied. Et - pourquoi pas ? - vous arrêter.

Il en est un sur la nationale 13, dans le sens Paris-Cherbourg, à proximité du fameux radar de Loucelles (Calvados) qui flashe tant et tant de conducteurs pressés. Celui-là trône au-dessus de la plaine de Caen comme un roi. Mais il est surtout le panneau de signalisation d’un anonyme qui, en 1972, y peignit un « Géraldine je t’aime » de grande ampleur. C’était la première fois qu’un château d’eau se transformait en déclaration d’amour. En panneau sentimental.

Et vingt ans après, notre écureuil a recommencé.

Il a récrit un long « Je t’aime », toujours adressé à cette Géraldine mystérieuse, inoubliable et un peu obsessionnelle.

Écrire sur un château d’eau : on ne s’abandonne pas à de si belles et majestueuses tendresses sur un pylône EDF ou un banal panneau de réclame. Songeons à toutes les Géraldine du monde qui attendent qu’un écureuil au cœur d’artichaut escalade l’un de ces donjons romantiques, pinceau à la main, sabre au clair. Qu’elles soient exaucées…

article François Simon (Ouest France) dont j’apprécie toujours autant le style

photo : Jean-Yves Desfoux (qui suit le groupe Marité créé sur face de bouc par votre humble serviteur)

je ne pouvais pas laisser tomber cet article dans le ruisseau à l’heure où notre navire a retrouvé son élément naturel après deux semaines au sec à Cherbourg.

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