Hier, nous étions à Yquelon, là où commence la campagne à l’Est de Granville. Isabelle et Jean-Louis ont eu la gentillesse de nous faire découvrir leur pied à terre yquelonnais. En fait, une propriété anciennement occupée par un marchand d’art qui vivait au milieu de tableaux et qui, également amateur d’art premier, avait aussi une belle collection de masques africains.
Bel endroit pour se mettre au vert lorsqu’on est parisien. Domaine spacieux (82 m séparent le portail du mur Nord-Est au fond du jardin) survolé ici par un avion de tourisme lors de cette prise de vue datant de 2003. Jean-Louis qui est directeur de la photothèque des jeunes parisiens pourra désormais jouer au gentleman farmer entre ses pommiers et son châtaignier centenaire, à deux pas de la plage de Donville.
Vous connaissez mon goût pour la toponymie : à propos d’Yquelon, l’on constate une homonymie avec iclon (Seine-Maritime, Ichelunt 1088) qui dispose d’une forme plus ancienne, dont le [t] final ne s’est pas encore amuï. Ce [t] final montre qu’il s’agit bien d’un élément -lunt qui représente selon les spécialistes, l’ancien scandinave lundr « bois ». Il explique de nombreux toponymes en -lon, -ron, voire -non de Normandie. La forme Lunda a donné la finale -londe et les nombreux la Londe etc. Ce terme avait encore le sens de « bois, forêt » en dialecte normand au xve siècle.
Le premier élément Yque- est certainement issu de l’ancien scandinave eiki « chênes » que l’on retrouve dans Iclon, mentionné ci-dessus et dans Yquebeuf (Seine-Maritime, Ykebo xiie siècle).
Le sens global de ce toponyme est donc « bois de chênes ».
Paronymie avec Eikelund dans le Télémark en Norvège